Les élèves de la classe de première Humanités du lycée international et leur professeur M. EMY ont eu le privilège unique d’être la seule classe à assister aux rencontres sur l’intelligence artificielle à l’occasion de la venue en France de S.S. Léon XIV .

L’UNESCO a consacré la journée du 25 octobre à la réflexion et à l’échange autour de l’Intelligence Artificielle, explorant les liens entre les réflexions de l’encyclique Magnifica Humanitas et le mandat de l’UNESCO dans les domaines de l’éducation, de la culture et de l’information.

Après une ouverture par Mme. Åsa Regner, Directrice-générale adjointe de l’UNESCO, les élèves ont pu écouter trois tables rondes sur la question des transformations que l’IA implique dans l’éducation, la création artistique et sur la politique ; s’interrogeant au terme des débats sur les actions à mener, au niveau individuel comme au niveau multilatéral, pour préserver une certaine idée de l’humain.

Des personnalités de premier plan se sont exprimées et notamment le metteur en scène Olivier Py, les philosophes Alejandra López Gabrielidis et Toni Navarro, ou encore Mme Divina Frau-Meigs, Professeure émérite à l’Université Sorbonne Nouvelle et titulaire de la Chaire de l’UNESCO « Savoir devenir ».

L’importance de la notion d’humanité, mais aussi de l’enseignement des humanités, est apparu essentiel pour montrer qu’au-delà des faits il importe de savoir problématiser tout en créant des liens entre les différentes disciplines afin de comprendre à quel point penser l’IA ne se réduit pas à des questions techniques ou économiques mais engage l’éducation, l’éthique ou le droit.

Voici le compte rendu sur le vif d’une élève, Daria Golovaneva :


Tout d’abord nous pouvons commencer par dire que l’intelligence artificielle est aujourd’hui une forme de pouvoir essentiel pour les pays. Cela nous amène à une question de puissance mondiale, avec une concentration de pouvoir dans certaines régions qui détiennent le plus d’influence sur le monde de l’IA ( la Silicon Valley par exemple, aux États-Unis ). Ce qui par la suite crée inévitablement des inégalités, avec des pays qui n’ont pas forcément les moyens de gérer l’IA et ne disposent pas de protection de data. Dans ce contexte-là cet outil devient un moyen de domination et de pression, ce qui bien sûr ne correspond pas aux valeurs de liberté et d’égalité et soulève donc un enjeu éthique. Cette question des pays peut en outre nous conduire à la problématique des langues.


La langue demeure jusqu’à aujourd’hui un pouvoir très puissant. Surtout parce que les différentes langues représentent la multitude des cultures et chacune rapporte une perspective nouvelle aux questions humaines. Or l’IA, elle, parle toutes les langues en anglais. Cela crée un effet de monopolisation autour de l’anglais en discréditant la diversité linguistique, comme par exemple les langues africaines qui souvent sont mises de côté et oubliées. En faisant cela l’IA efface la culture que la plupart des langues portent avec elles. Et comme nous savons que la parole et la lecture sont des piliers essentiels de notre humanité. Ces deux éléments ne peuvent pas exister sans la langue, donc l’IA met d’une manière en danger nos humanités.


C’est pour cela qu’il est important de protéger notre héritage et surtout notre esprit critique. L’IA ne devrait jamais remplacer la pensée et le jugement. Notre intelligence humaine est irremplaçable, puisqu’il faut se souvenir qu’il n’y a pas de vraie intelligence dans l’IA. parce qu’elle possède uniquement les data basées sur de bonnes informations. Ces informations sont créées par les humains, pour les humains. Les produits de l’IA sont seulement des répliques du travail humain, et c’est cela qu’il est primordial de retenir. Nous devons comprendre que nous ne pouvons pas accorder une intelligence naturelle à un outil qui n’en a pas. Et c’est le rôle de notre génération de s’en souvenir et d’agir en ayant conscience.

C’est dans cette perspective analytique et critique, intégrant au premier chef le principe de laïcité, si important dans notre établissement, que les élèves de M. Emy, professeur de philosophie, ont ensuite assisté à la conférence de Sa Sainteté Léon XIV sur la question du développement de l’intelligence artificielle, dans la continuité de son analyse proposée dans l’encyclique Humanitas.

Les élèves furent tout d’abord accueillis par Mme Ramis, Présidente de la Commission nationale française pour l’UNESCO, puis par Mme Gharbi, ambassadrice de la France auprès de l’UNESCO, avant d’échanger avec M. Barrot, Ministre des affaires étrangères, et M. Geffray, Ministre de l’éducation nationale.

 
A la suite de ces rencontres, les élèves ont pu écouter l’introduction du Directeur Général de l’UNESCO et assister au discours de Léon XIV, centré sur l’aliénation technologique, la primauté du dialogue multilatéral et de l’éducation au service de la paix. Des thèmes qui font partie de leur programme et qu’ils développeront dans une perspective littéraire et philosophique dans le cours de l’année.

Cette journée, en collaboration avec le Ministère de l’Education Nationale, n’aurait pas été possible sans l’appui décisif et constant  du Réseau des écoles associées de la commission française pour l’UNESCO et en particulier de son Secrétaire Général, M. Navarro et de sa Coordinatrice nationale, Mme Meunier, que nous remercions très chaleureusement.

M. florent Emy, professeur de philosophie